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Edition 2010 du Panorama Ernst & Young des fondations d'entreprise : "Regards croisés de fondations d’entreprise et d’associations"

Cette édition du Panorama Ernst & Young des fondations d'enteprise réalisée en partenariat avec le Centre Français des Fondations apporte un éclairage sur la perception qu’ont les dirigeants de fondations d’entreprise sur le rôle de celle-ci en tant qu’acteur de l’intérêt général. Ce Panorama présente également les chiffres clés et tendances 2008 et 2009 pour le secteur des fondations d'entreprise.


Pour consulter l'édition 2010 du Panorama Ernst & Young des fondations d'entreprise, cliquer ici.


Préambule

Béatrice de Durfort,
Délégué générale du Centre français des fondations


"2001 – 2009 : les années passent et ne se ressemblent pas dans le secteur des fondations rendant précieuse chaque étude nous permettant d’apprécier les évolutions des différentes populations qui font la diversité et la richesse du monde des fondations.

Avons-nous connu les grandes années de la fondation d’entreprise ?

L’intrigante décennie que nous venons de traverser, marquée par la sérieuse impulsion créatrice donnée par le train de lois et mesures de 2003, s’achève sur une sévère décélération du nombre de créations de fondations d’entreprise qui, sans revenir au rythme préalable aux dispositions Aillagon, ne peut que nous interpeller.

Il s’est créé vingt-six fondations d’entreprises en 2009 soit moitié moins qu’en 2008. Déception certes, mais rappelons d’abord que les chiffres de 2009 nous eussent semblé extrêmement encourageants en 2005 ! Et notons, ce faisant, combien rapidement nous avons rehaussé nos attentes vis-à-vis des entreprises. Nous étions déjà habitués au rythme d’une nouvelle fondation par semaine…

Notre déception au regard des chiffres de 2009 témoigne de la célérité avec laquelle la société a intégré ces nouveaux acteurs de l’Intérêt général aux stratégies de développement et aux modèles économiques d’un tiers secteur profondément fragilisé par la crise et le recul des financements publics. Très étrangement, dans une ambiance de crise propice à une forte récrimination vis-à-vis des entreprises, on en a clairement fi ni des critiques à l’égard des fondations d’entreprises qui faisaient craindre, il y a encore peu, qu’elles ne soient vues comme une forme d’abus de bien social. Au contraire, aujourd’hui on reprocherait plutôt aux entreprises de ne pas en faire assez, témoignant ainsi de la place stratégique que les fondations d’entreprise ont su occuper, tant en interne que dans l’espace social. Pragmatisme oblige, le déficit des financements publics impose et légitime les nouveaux partenaires associés au service de l’Intérêt général.

Nombre d’entreprises ont pu réengager des Programmes d’actions pluriannuels (PAP) ambitieux malgré un contexte socio-économique très chahuté (effondrement du titre en bourse…) parce que les enjeux de sens, de citoyenneté, de générosité et d’engagement sont plébiscités et que la participation de l’entreprise à la production de biens communs est chose généralement acceptée.

Par ailleurs, l’Etat a déployé quantité d’outils où l’entreprise est invitée à prendre part, à des degrés divers. Les récentes réformes engagées dans le secteur de l’Enseignement supérieur et de la Recherche ouvrent des possibilités nouvelles qui ont d’ores et déjà suscité des vocations innovantes, nul doute qu’à son heure l’Hôpital saura en faire de même et offrira aux entreprises des opportunités de participation à la vie de la Cité qu’on n’imaginait guère il y a encore cinq ans. Enfin la création des fonds de dotation ouvre des voies franchement innovantes qui ne laissent pas les entreprises indifférentes.

Il nous faudra absolument revenir sur la diversification des initiatives pour comprendre si le reflux observé dans les fondations d’entreprise est lié à la crise ou si les entreprises, s’enhardissant dans un développement stratégique des outils, trouvent d’autres formes mieux à propos pour répondre à leurs ambitions et objectifs et contribuer à l’Intérêt général.

Nous avons vérifié, en cette année de crise, l’un des grands bénéfi ces des fondations d’entreprises pour la société et les secteurs auxquels elles concourent : l’engagement irrévocable et quinquennal du PAP protège la fondation des coupes blanches de l’entreprise sur sa politique de mécénat et permet de lisser en partie l’impact de la crise sur les mécanismes de financement traditionnels plus contingents et vulnérables au contexte économique annuel (subventions, mécénat, dons ). De ce point de vue, la fondation d’entreprise, véritable fondation de flux structurée sur le moyen terme, joue un rôle anticyclique intéressant et précieux à ses bénéficiaires qu’il n’est pas certain que nous retrouvions dans les autres formes de fondations auxquelles les entreprises peuvent prendre part.

La continuité et la stabilité de l’engagement fi nancier sont indéniablement un ferment essentiel à une action d’Intérêt général bien menée. Il appartient aux fondateurs de méditer les moyens de les préserver.

Les années à venir nous apprendront certainement beaucoup à ce sujet."