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Première étude qualitative sur les Grandes Fortunes et la Philanthropie en Europe Continentale

Dans le cadre de son soutien à des recherches et des études qui permettent une meilleure compréhension des pratiques des philanthropes, de leur motivation et de leur profil, BNP Paribas Wealth Management publie la première étude qualitative sur les Grandes Fortunes et la Philanthropie en Europe Continentale.


Des universitaires ont réalisé 63 entretiens en face à face avec de grandes fortunes philanthropiques de quatre pays France, Espagne, Italie et Belgique (actifs disponibles au minimum de 5 millions d'euros).
L'objectif premier consistait à déterminer les comportements, les récurrences, les valeurs citées comme déterminantes à l'acte philanthropique ainsi que le(s) facteur(s) déclenchant(s), afin de souligner les points saillants de la philanthropie des grandes fortunes européennes et les valeurs auxquelles se réfèrent les philanthropes, et d'essayer de dresser une typologie de comportement philanthropique de ces derniers.

L'étude réalisée est ainsi la première de cette ambition effectuée en Europe continentale. Elle fait ressortir des spécificités de pratiques philanthropiques des plus grandes fortunes d'Europe continentale, qui se révèlent distinctes de celles des philanthropes anglo-saxons, notamment américains.

Tout d'abord, il existe deux approches de la philanthropie qui coexistent : une approche passionnée, dans le sens où l'action philanthropique est déclenchée par un événement, par une rencontre avec un individu ou avec un organisme, et une approche raisonnée par laquelle le philanthrope s'attache à un diagnostic sociétal, à une cause (aide aux enfants des rues, insertion professionnelle, etc.), avant de mener une recherche sur les organismes du secteur susceptibles de le soutenir.

L'étude révèle également que la volonté philanthropique reste essentiellement centrée sur des valeurs essentielles telles que la famille, la religion, l'émotion et l'intimité.
Les valeurs familiales sont les plus concernées en Europe et en France. En effet la philanthropie est parfois héritée, considérée toujours comme socle de la cohésion familiale et comme valeur d'éducation transmise.
Les valeurs religieuses sont également très présentes, comme valeurs structurantes du don. Les dons ne vont pas nécessairement à des œuvres caritatives ou à l'église, mais structurent une pensée et l'aide à l'autre qui en résulte.

Conçue comme une aventure spirituelle plus que comme une entreprise rationnelle, la démarche du philanthrope est l'expression d'une aventure individuelle motivée par des facteurs personnels. L'activité philanthropique devient un moyen d'expression en tant qu'individu.
L'une des autres caractéristiques des philanthropes européens est de ne pas chercher à se mettre en valeur, et de privilégier la discrétion. Toute forme de personnalisation trop poussée leur apparaît au premier abord comme une transgression par rapport aux valeurs dont ils se réclament.

Enfin, l'étude a pu dresser une typologie des caractéristiques dominantes sur les motivations de l'action philanthropique, et définir ainsi des « profils » de philanthropes :
   - Le croyant
   - L'humaniste
   - L'activiste
   - L'héritier
   - Le passionné
   - Le « venture philanthropist »
   - L'entrepreneur ou self made man


Par rapport aux Etats-Unis, deux catégories sont absentes :
- le Mondain : Aux Etats-Unis, la philanthropie est un élément clé de la vie sociale des grandes fortunes. Il est important d'être membre du conseil d'administration de telle ou telle institution culturelle, d'avoir fait un don à son université d'origine, de cotiser régulièrement à tel centre de recherches médicales…
- le « Réseauteur » : Là encore, l'appartenance à certains cercles philanthropiques ou institutions sans but lucratif est une façon de se constituer des réseaux sociaux qui pourront être exploités professionnellement. Il s'agit là d'une approche utilitariste de la philanthropie, qui ne se retrouve pas en Europe continentale.

Pour les perspectives de développement, il existe chez certains de nos interlocuteurs un intérêt pour un type de philanthropie plus entrepreneuriale et soucieuse de performances concrètes avec évaluation de l'impact sociétal des projets soutenus. L'échange d'expérience et la constitution de réseaux semblent les étapes futures les plus vraisemblables d'une reconfiguration de la philanthropie européenne.

Les Auteurs :

Professeur Marc ABELES, Directeur du Laboratoire d'Anthropologie des Institutions et des Organisations Sociales (CNRS) et directeur d'études à l'EHESS (Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales) où son enseignement traite de l'anthropologie des institutions. il réfléchit notamment sur le rôle de la philanthropie aujourd'hui et sur l'analyse des motivations et fonctionnement des grands donateurs. Il est ainsi l'auteur de : Les Nouveaux Riches. Un ethnologue dans la Silicon Valley (Odile Jacob, 2002).

Jérôme KOHLER a enseigné à l'IEP de Paris, à l'ESSEC et comme chercheur associé à HEC Montréal. Il est membre de plusieurs réseaux d'experts internationaux dans le domaine de la philanthropie dont le International Network in Strategic Philanthropy, European Venture Philanthropy Association (dont il est le représentant en France), Americans for the Arts et le Centre européen des Fondations. Il est par Administrateur de la Fondation Demeter, de Humanity in Action Inc., du comité de crédit de PlanetFinance et du comité directeur de Paris-Musées. Spécialiste des questions de philanthropie et de mécénat, Jérôme KOHLER, dirige la société L'Initiative Philanthropique.

Source : Communiqué BNP Paribas Wealth Management du 18/06/2009

              Image étude BNP Paribas Wealth Management 2009