De quoi l'année 2012 sera-t-elle faite ?
S’il est une question que nous conservons anxieusement au terme de cette année 2011, c’est bien de quoi 2012 sera-t-elle faite ? Le climat d’incertitude, de tension et de crise qui fait notre quotidien suscite pour tous nos adhérents et plus généralement pour l’ensemble des acteurs du secteur des fonds et fondations une vive inquiétude : Comment répondre à une augmentation si rapide du nombre des causes d’intérêt général qui cherchent le soutien de l’initiative privée ? Comment innover pour mieux accompagner les besoins de populations fragilisées toujours plus nombreuses ? A quelles coupes budgétaires ou fiscales dramatiques faudra-t-il faire face ? Comment sécuriser ce fragile espace de l’engagement et de la générosité qu’incarnent fonds et fondations afin de continuer à servir l’intérêt général à plein régime, comme il est dans leur nature ?
En 2011, nous avons reçu des nouvelles bien contrastées du terrain : malgré toutes les difficultés économiques, les donateurs, personnes privées tout autant qu’entreprises, sont au rendez-vous de l’engagement philanthropique. Et la solidarité, en cette période critique, n’est pas un vain mot. En 2011 ce sont plus de 380 fonds de dotation et fondations qui ont été créés dans la stricte continuation du mouvement de création des années précédentes, et, selon la dernière étude Cerphi - France générosité, entre 2007 et 2010, l’ensemble des ressources privées a progressé de 15%, sans parvenir pourtant à remédier au recul des ressources publiques de 30% dans le même temps. Tendances que les chiffres de 2011 semblent confirmer. Face à ce tragique effet de ciseaux qui précarise chaque jour davantage le tiers secteur et ses bénéficiaires : les questions à résoudre sont d’une part comment stimuler davantage encore la philanthropie et en faire un mode de partage bien plus généralisé pour une société plus solidaire et durable ? D’autre part comment préserver l’initiative fiscale et le financement public et territorial si important pour le service des missions d’intérêt général ?
Comment peut-on entendre dire par les législateurs, nos élus de terrain qui rencontrent si régulièrement fondations et associations pour résoudre les enjeux de bien commun auxquels ils ne peuvent plus répondre seuls, comment peut-on les laisser dire que le don s’apparente à une niche fiscale ? Qu’avons-nous omis de partager avec les politiques, les medias, le grand public pour qu’un tel contresens perdure et que la menace soit posée – à la faveur de projets d’amendements - de rompre le pacte qui permet à tout contribuable, personnes privées ou entreprise, d’aller plus loin au bénéfice des causes qui concernent toute la société et a permis de faire éclore en France depuis 2003 cette culture philanthropique qui nous manquait ?
Ces questions, le Centre français des fonds et fondations les reçoit comme une injonction à travailler toujours davantage avec ses adhérents et toutes les parties prenantes des fondations pour produire les études d’impact, les bonnes pratiques, les données chiffrées, les argumentaires et les preuves de cette contribution essentielle à la société. Travail d’explicitation, travail de médiation qui nous semble essentiel car c’est bien là, au cœur des fondations, fonds de dotation et associations d’intérêt général, que devrait se nouer l’alliance la plus forte et la plus porteuse de sens entre l’Etat et les citoyens, l’alliance qui permet de faire société ensemble et au bénéfice de tous et de toutes les causes. En effet, au Centre français des fonds et fondations, nos adhérents servent toutes les missions d’intérêt général avec la même ferveur. Ensemble nous partageons la conviction que l’intérêt général ne se divise pas, qu’il est UN, même s’il se décline en une infinité de missions dès lors qu’il est de caractère philanthropique, éducatif, scientifique, social, humanitaire, sportif, familial, culturel, ou concourant à la mise en valeur du patrimoine artistique. Chacun contribue à la proportion de ses moyens mais c’est tous ensemble qu’ils répondent aux besoins.
En 2012 nous invitons donc tous fonds et fondations à activement participer à la vie du Centre, aux projets qui y sont déployés pour mieux connaître et faire connaître les trésors qu’ils déploient au bénéfice de tous. Nous aurons besoin des synergies les plus fortes et des solidarités les plus constantes pour répondre à tant de défis.
Béatrice de Durfort
Déléguée générale du Centre Français des Fonds et Fondations
A tous nous souhaitons de très joyeuses fêtes
et immensément d’énergie pour 2012 !
[ Nos bureaux seront fermés du 19 décembre au 2 janvier ]