Rapport : philanthropie culturelle et économie du don aux États-Unis, un modèle exportable ? 

Culture
Fiscalité et juridique
Mécénat
Rapports

Auteur(s)

Laurent MELLIER

Date de parution

2009

Description

Éditeur : Tapuscrit

Date : 01/09/2009

Nombre de pages : 196 pages

Résumé :

En matière culturelle, l’Amérique se différencie de tous les autres pays par un taux exceptionnel de contributions privées dans le financement des arts : 43% des revenus des organisations culturelles proviennent de la philanthropie. C’est à peu de choses près le même pourcentage que les ressources propres, ce qui laisse une place mineure au financement public. Cette place réduite occupée par l’Etat est l’aboutissement d’un long cheminement au cours d’une histoire où l’on a vu les arts passer d’une dimension religieuse au statut de divertissement. Les arts se sont développés ensuite localement et sont restés financés à un niveau local, la nation n’affirmant pas son identité, comme dans les pays européens, à travers une culture et une langue uniques, mais plutôt à travers sa diversité culturelle issue de l’immigration. Le gouvernement fédéral n’est jamais allé plus loin dans ses initiatives culturelles que dans la création du National Endowment for the Arts, une agence artistique à faible budget n’assistant les arts que de manière sporadique. C’est pour cette raison, et parce que l’initiative privée et
individuelle a toujours été encouragée, parce que le profit chez les autres est apprécié lorsqu’il est le fruit d’un labeur ou d’un esprit innovant, et enfin parce que le peuple américain a cette
caractéristique unique qu’admirait tant Alexis de Tocqueville de « rendre à la communauté ce qu’elle lui a donné », que la philanthropie culturelle s’est développée aux Etats-Unis. En 2008, les Américains ont donné plus de 307,65 milliards de dollars (236,65 milliards d’euros), l’équivalent de 2,2% du PIB, et 8,1 milliards d’heures de bénévolat. Rencontre entre un financement des arts singulier et une culture du don, faisant appel à des outils et des méthodes spécifiques, la philanthropie culturelle est indispensable au fonctionnement de la sphère artistique américaine.
L’histoire des politiques culturelles, dans des pays comme la France, y est radicalement différente. Mais le schéma consistant à se tourner vers l’Etat pour créer, développer, financer et promouvoir les arts semble trouver ses limites. A l’heure où l’on s’interroge sur un nouveau paradigme, le modèle américain peut-il être exporté ?


In the cultural field, the United States differentiates itself from all other countries by an exceptional rate of private contribution to arts funding: on average 43% of a cultural organization’s income comes from philanthropy. This is roughly the same percentage as earned revenue, leaving a minor place to public funding. The limited role of the State in providing arts
funding is the result of a long historical process. After the arts shifted away from the religious sphere and became associated with leisure activities, they blossomed through funding mainly at
the local level. The United States did not assert their identity as a nation through a single culture and language, as in European countries, but by embracing its cultural diversity derived from
immigration.
American cultural philanthropy flourished thanks to several factors. First, the Federal Government never went further in its cultural initiatives than creating the National Endowment
for the Arts (NEA), an agency with a small budget which can fund only a limited number of projects. Second, the American belief in achieving success through hard work and innovation has long encouraged private and individual initiatives in the cultural domain. Last, but not least in this list of reasons, is the spirit of giving back to the community which Alexis de Tocqueville deeply admired. In 2008, Americans gave more than $308.65 billion, the equivalent of 2.2% of the GDP,
and 8.1 billion hours of volunteer work. Cultural philanthropy is a unique method of funding the arts, using a specialized array of tools and techniques, and stems from both a strong culture of
giving and historical tradition. As such, it is essential to the life of the artistic sphere.
The history of cultural policies in countries like France is entirely different. Reliance on the State to develop, fund, and promote the arts has been deeply rooted in societal expectations for centuries. Only now, under constraint and obligation, do we consider a different paradigm. Could
the American model be duplicated elsewhere?


Laurent Mellier est l’auteur d’un site internet qui complète la présente étude :  http://www.fundraisingetatsunis.com/home

Type : Mémoire de master « Direction de projets culturels » dans le cadre de la formation des cadres culturels territoriaux, 2008-2009

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